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crédit : Marc Alvarez

Notre conscience

L'objet Univers sorti du néant, du non manifesté ou d’un rebond, EST (du verbe être). Il est. Et du fait qu’il est, et qu’il devient, naît la Conscience.

Il est bien compliqué de définir le mot « conscience » puisque l’exercice revient ici à demander à une conscience de s’auto-définir… Ce qui est purement subjectif. D’autant plus que la Conscience est une affaire intime qui touche au sensible. Et puis nous avons là une notion centrale pour nombre de disciplines (neurosciences, philosophie, psychologie, physique, sciences sociales ou encore les spiritualités). Difficile donc de se baser sur une définition incontestablement satisfaisante pour toutes et tous.

Postulat

On dira ici pour tenter de faire simple et surtout s’offrir un postulat que communément on peut entendre la conscience comme un ensemble par rapport à une intériorité : un ensemble comprenant la conscience du monde (et du Cosmos), la conscience de soi, et la conscience de soi dans le monde (et le Cosmos). Cela étant relativement possible par le biais d’outils que sont nos cinq sens et par une forme d’éveil (qui n’est pas réservée à l’humain par ailleurs mais au domaine du vivant).

On précisera que toute perception n’est pas brute mais conditionnée par l’héritage de l’évolution, l’éducation, l’état psychique, l’humeur du moment, les apprentissages, le parcours de vie, etc. Donc une kyrielle de facteurs qui sont autant de filtres, de voiles, dans la conscience du monde, la conscience de soi, et la conscience de soi dans le monde.

Cerveau

Sans oublier le travail permanent de notre cerveau qui est à 99% inconscient. Il décide en permanence de manière autonome. Cela pour nous donner une version simplifiée, filtrée, de ce que nous pensons être la réalité sans percevoir ni concevoir qu’il s’agît du résultat d’un traitement d’informations avec des boucles de rétroaction, qui peut cheminer dans des sentiers de conditionnements, interprétations ou affabulations. Face à l’inconnu, le cerveau tend même à inventer des relations de causalité. Ou tente un aléatoire favorable. Le cerveau génère également (quand il ne dysfonctionne pas) les motivations et mécanismes de survie au sein même du récit qu’il produit.

Le cerveau, dans lequel se concentrent quelques cent milliards de neurones, s’emploie à nous donner en tant que pilote automatique ce qui à l’étoffe d’une histoire authentique dans un trame causale. 400 milliards de bits d’informations seraient à traiter par seconde par le cerveau. Seulement deux mille de ces bits de données
parviendraient à la conscience. Presque rien.

D’ailleurs, dit en passant, qui a véritablement la perception de chaque organe, os, nerf ou même cellule de son corps ? Chacun de nous est un univers biologique avec au moins 30.000 milliards de cellules et 38.000 milliards de bactéries. Tout cela nous compose, et nous n’en avons pas réellement conscience. Notre perception est extrêmement simplifiée. Notre cerveau nous propose une version de l’Univers, une version intelligible de nous, et une version de nous dans l’Univers. Une perception globale qui génère couramment une croyance en la matière comme seule réalité tant que la conscience n’a pas été augmentée.

Quant au rêve, il est une autre forme de récit généré mais avec l’étoffe d’une histoire fantastique, sans contrainte d’apparence de réalité ni de causalité.

Une expérience

Autre point, il faut comprendre la conscience d’une manière assez large car elle n’est pas le fruit d’une cognition qualitativement de haut niveau– contrairement à une idée répandue – mais plutôt une expérience entre quantique et « classique ».

On peut lire que chez l’humain la conscience de soi se limiterait à la perception par le cerveau des battements du cœur… Ce que l’on peut entendre puisque les organes se synchronisent par rapport au rythme cardiaque. On le sait, le cœur est le chef d’orchestre du corps, il est la clé, et il est le lien, mais encore plus symboliquement comme nous le verrons.

On appelle qualia les propriétés de la perception et généralement de l’expérience sensible. Ce que l’on perçoit ou ressent devant un coucher de soleil, l’océan ou un panier de fraises échappe aux neurosciences et sciences cognitives. C’est privé, immédiat, cela ne s’explique pas, ne s’apprend pas, ne se communique qu’approximativement par des mots. Cette forme de réminiscence, d’expérience, reste un mystère scientifique.

[!] Posséder une conscience n’est pas une propriété spécifiquement humaine. Et nombre d’observations comportementales montrent par ailleurs qu’une multitude d’espèces développent une « théorie de l’esprit ».

Une vie intérieure en interaction avec l’extérieur

Tout ceci étant précisé (façon hémisphère gauche du cerveau), au sein de l’expérience de conscience il y a la petite étincelle (perception de l’hémisphère droit) qui peut être comprise et pensée comme synonyme de vie intérieure en interaction avec l’extérieur au delà du processus de métacognition cher à l’humain (c’est à dire penser sur ses propres pensées, avoir un retour réflexif sur soi-même).

Disons-le, il est difficile de croire que la conscience ne soit qu’un processus purement électrique « classique » hors du domaine quantique. Comme il semble impossible que l’origine de la conscience soit uniquement dans le cerveau et qu’elle reste dans un temps biologique une enclave en autarcie. Tel qu’écrit précédemment, la conscience humaine est plutôt une expérience microcosmique entre quantique et « classique » dans l’expérience macroscopique globale. Elle est également un intermédiaire qui s’efforce à donner du sens.

Connaissance en commun

En latin classique « conscientia » signifie « connaissance en commun » ou « avec une connaissance ». A partir de la définition même on peut imaginer que la conscience est l’expression d’un hologramme au sein d’un hologramme universel par intrication, via une connexion à une base commune de données parce qu’il existe un lien organique. 

Par rebond on peut d’ailleurs supposer que la matière et l’énergie sont une projection ou une cristallisation de la conscience ou de plusieurs de ses facettes.

« La conscience est un singulier dont le pluriel est inconnu. Il n’y a qu’une seule chose et ce qui semble être une pluralité n’est qu’une série d’aspects différents de cette seule chose, produits par une illusion, comme dans une galerie de miroirs. »

Erwin Schrödinger – Physicien nobélisé pour sa célèbre équation

Quoi qu’il en soit on peut penser une connaissance en commun, une richesse immatérielle universelle, un arrière-monde neutre qui serait là, partagé, accessible, organique. Auquel cas il y a une Connaissance, une gigantesque base de données, qui ne serait pas à découvrir dans un grand livre déjà écrit par d’autres, qui ne serait pas à inventer, mais qui s’offrirait dans un terreau commun sous la forme d’une bibliothèque d’informations dynamiques

Voilà qui peut renvoyer à l’approche holistique de civilisations ancestrales ou au monisme (physicaliste, idéaliste, dualiste ou neutre), ce principe philosophique avec plusieurs nuances qui dans sa version moderne soutient le postulat d’unicité de la substance qui compose l’Univers. Ce qui est constaté scientifiquement depuis Albert Einstein. Ne nous lassons pas de le dire : l’Univers est un objet et pas une enveloppe. Il n’y a pas de vide, tout est plein d’un bouillonnement d’énergie sous la forme de particules et d’antiparticules virtuelles. Nous ne sommes pas dans un Univers, nous sommes partie intégrante d’au moins un Univers homogène et isotrope, d’un Tout. Une unité.

Information partagée

Dans cette logique, toutes les particules de l’Univers sont en réseau et ont une mémoire commune au delà de l’espace et du temps. L’intrication quantique n’est en effet pas un lien d’énergie mais de l’information partagée disponible. Et il y a une symétrie de l’information puisque si dans un sens elle est accessible, dans l’autre elle est générée par l’expérience.

Ce que le pré-socratique Parménide (-VIe siècle avant J.-C.) pressentait avec une philosophie de l’harmonie universelle. L’homme sage doit trouver sa place dans le Cosmos, faire partie du Tout Universel, et plusieurs chemins s’offrent à lui, expliquait-il. « Il faut que tu connaisses toutes choses, et les entrailles incorruptibles de la vérité persuasive, et les opinions des mortels qui ne renferment pas la vraie conviction », écrivait Parménide.

Autrement dit, il faut connaître tout le panorama, la lumière et l’ombre : à la fois la vérité absolue, brute et primordiale d’un univers quantique et la contrefaçon, la vérité relative et commune d’humains qui composent avec ego, mental et émotions leur propre conception et par rebond, leur propre récit ou auto-narration (le jeu des persona-acteurs en somme).

Être

« Être » est le préalable de la pensée éveillée qui permet d’éprouver la totalité sans illusion, organiquement. Une pensée alignée sur potentiellement onze dimensions. En vertu de la fractalité et de l’intrication générale, la Vérité universelle se perçoit possiblement « dans les entrailles » (organisme vivant). Le Tout se découvre au plus profond de l’indicible qu’on appelle champ, inconscient collectif, ordre implicite ou arrière-monde neutreIl se cherche en soi. Et se trouve là où le sens l’emporte sur le non-sens et l’être sur l’avoir.

La Vérité n’est pas une construction intellectuelle

Déviation. Ouvrons une parenthèse sociétale pour remarquer que la « tendance » affirmée chez nos contemporains est à la dissociation (distinction par le « je suis différent ») et à l’opinion (« moi je sais ») construite par une supposée perception sensible qualitative (« ce que je vois moi est la vérité »)… Ce qui répond au double besoin de se sentir singulier et de se projeter comme une plus-value (reconnue ou pas) au sein du groupe.

La tendance majoritaire dans notre société de plus en plus connectée est de s’écarter de l’Être pour privilégier l’opinion dans une forme d’exaltation, par la prise de position dans le débat ou la polémique du moment par exemple, et hors de son domaine de compétences (ultracrepidarianisme). Il s’agît globalement d’imposer son auto-narration inspirée par le mental et l’ego dans le village global. Cela tout en sachant les turpitudes du bavardage en ligne sur les réseaux. Cet ensemble de pensées collectives et singulières constituent des vérités relatives. Celle des interprétations. Nous baignons dedans mais aucune ne renferme « la vraie conviction ». Par définition, une opinion n’est pas la vérité brute qui elle, est organique, universelle. La Vérité n’est pas une construction intellectuelle.

La Vérité ne se décrète pas, ne s’impose pas. Une opinion ne sera jamais autre chose qu’un jugement. On ne fonde rien sur l’opinion. D’où cette modeste invitation : Persévérez. Percez et vous verrez… Et ne tentez pas de pousser de toutes vos forces sur une porte qu’il faut simplement tirer.

Miroir de la réflexion intérieure

Précisons ou soulignons avant de poursuivre : chercher en soi, ce n’est pas se lancer dans une analyse psychologique, une psychanalyse, avec ou sans une aide extérieure. Ce n’est pas se lancer dans une thérapie pour remettre de l’ordre. Ni faire une introspection pour démêler le pourquoi du comment ou établir des causalités. Ce n’est pas non plus cristalliser des problèmes par le Verbe. Ce n’est pas plus comprendre comment s’est construite la prison dans laquelle on peut se sentir emprisonné(e) mais de s’en évader sans chercher un démantèlement pierre par pierre. On ne guérit pas avec ce qu’on sait mais avec ce qu’on est.

Chercher en soi, c’est trouver la matière première pour mieux décomposer l’ego – certes structurant lors de sa toute première partie de vie – et se défaire du mental. Cela afin de se rapprocher en adulte de l’essentiel, du réel, dans un deuxième puis un troisième temps, ce dernier permettant d’éprouver véritablement LE lien organique, la continuité (et non la contiguïté), car l’Homme et l’Univers sont de même nature. Une même chose avec une infinité de visages.

Chercher en soi n’est pas exclure ce qui est extérieur bien que cela permette de se détacher de l’espace-temps. Non, c’est chercher la synthèse, l’osmose (l’influence réciproque, l’interpénétration) depuis sa place qui – si modeste soit-elle dans l’objet Univers – est le point à partir duquel chacun peut prendre conscience d’Être. La porte menant à la Connaissance universelle, à l’évolution, à la pierre philosophale est en nous. Si nos deux yeux nous donnent à voir l’extérieur, un troisième œil orienté vers l’intérieur nous relie au Tout.

Mais encore faut-il écarter les barrages psychiques et physiques, les obstacles qui obstruent, à savoir l’auto-narration ou l’histoire écrite par le mental et l’ego à base de causalités dans une société, un monde déconfit (des conflits).

« Les bateaux ne coulent pas à cause de l’eau autour d’eux. Ils coulent à cause de l’eau qui rentre à l’intérieur.
Ne laissez pas les événements qui surviennent autour de vous pénétrer votre esprit et vous faire couler. »

Neale Donald Walsch – écrivain

Celui qui ne descend pas ne remontera pas. Et si l’humain tend aisément vers l’ombre il peut paradoxalement rechigner devant la lumière. D’où la pertinence d’être l’alchimiste de son être. L’évolution est une mission naturelle et individuelle, non transférable à autrui.

Identité

Que répondez-vous si on vous demande de vous présenter ? Vous donnez votre nom, votre situation maritale, votre âge, votre profession… vous parlez parcours et biographie pour vous placer sur la carte sociétale. Satisfaisant ? Réel ? Est-ce cela que vous sentez au plus profond de vous ou ces données ne sont que périphériques ? Votre place dans la société, votre rôle, votre profession, est-ce cela qui vous fonde et vous anime ? Ce que vous faites en société passe avant ce que vous êtes primordialement ? Est-ce bien cela votre identité ?

« Tout homme a en lui son Pathmos. Il est libre d’aller ou de ne point aller sur cet effrayant promontoire de la pensée d’où l’on aperçoit les ténèbres. S’il n’y va point, il reste dans la vie ordinaire, dans la conscience ordinaire, dans la vertu ordinaire, dans la foi ordinaire, ou dans le doute ordinaire ; et c’est bien. Pour le repos intérieur, c’est évidemment le mieux. S’il va sur cette cime, il est pris. Les profondes vagues du prodige lui ont apparu. Nul ne voit impunément cet océan-là. Désormais il sera le penseur dilaté, agrandi, mais flottant ; c’est-à-dire le songeur. Il touchera par un point au poète, et par l’autre au prophète. Une certaine quantité de lui appartient maintenant à l’ombre. L’illimité entre dans sa vie, dans sa conscience, dans sa vertu, dans sa philosophie. »

Victor Hugo (1864) William Shakespeare « Première partie — Livre V. Les âmes »

Connaître sa place

Le précepte delphique « Connais-toi toi-même » mène ailleurs, vers l’invisible et sa propre place dans le Tout cosmique. Il est question d’aller toucher l’essence que l’on porte dans ses tréfonds : « Connais-toi toi-même »… « et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». Ce que l’on retrouvera autrement chez Ibn ‘Arabī : « Ô toi qui cherche le chemin qui conduit au secret. Reviens sur tes pas car c’est en toi que se trouve le secret tout entier. » Puis par exemple Carl Gustav Jung : « Tu n’y verras clair qu’en regardant en toi. Qui regarde l’extérieur, rêve. Qui regarde en lui-même, s’éveille. » 

Les vraies lois, le résumé de l’Univers entier, se découvrent en soi. C’est l’accès le plus direct vers l’inconscient ou arrière-monde neutre. Ce qui n’autorise pas l’inflation (« Rien de trop »). Connaître sa place et la respecter dans l’action. C’est un avec un œil renouvelé qu’il est possible de contempler l’intimité de la Nature, de comprendre sa place, et de se limiter à celle-ci. Avec une méthode de connexion : l’imagination (agente).

Imagination agente

« L’imagination (du latin imaginatio, « image, vision ») est plus importante que la connaissance. Car la connaissance est limitée, tandis que l’imagination englobe le monde entier, stimule le progrès, suscite l’évolution », disait Albert Einstein. Par imagination il faut entendre les représentations imagées qui ne relèvent pas de l’imaginaire. C’est à dire, ce qu’il est possible de trouver au plus profond, dans ses propres entrailles, comme un arrière-monde qui dépasse les clivages. L’imagination active peut générer mais elle peut aussi et surtout révéler ce qui existe. Un plan neutre et fondamental. Ce qui nous intéresse ici.

Souvent nous ne mesurons pas le sens de ce qui nous arrive, de ce qui émane, par manque d’attention. Nous n’en avons pas conscience. Or l’attention est le déclencheur en série, et la juste intention le garant de la (bonne) direction. Chaque expérience est une forme d’apprentissage. Mais le plus important, encore plus que le chemin, c’est la destination.

Les symboles, mythes ou archétypes peuvent servir de générateurs en tant qu’énergies vivantes dans notre école de la vie.