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Libéré(e) de l’ego

"L'ego est moins ce que je suis que ce que je crois être." - André Comte-Sponville

Chaque être est une forme singulière d’un grand Tout – et non pas dans un grand Tout – qui croit et se résorbe physiquement, se transforme avec la mort, mais toujours au sein du même contenant. L’être n’est pas l’ego. Ce dernier, outre le fait de représenter un processus de leurre, est un fantasme autonomiste qui laisse croire que chacun(e) est maître(sse) d’une enclave (fragment étranger à la masse dans laquelle il est englobé), juge, et consacré(e).

Sous l’emprise de l’ego je suis propriétaire de mon univers et les autres sont des invités. Ce qui n’empêche pas de rester sous influence de l’altérité. Egotique je pense que je perçois mieux quand je perds Soi (l’universel) pour privilégier Moi (fragment indépendant). C’est alors un monde d’illusions qui s’offre.

L’ego, c’est l’histoire que nous nous racontons

L’ego évince l’être et son essence (sagesse) primordiale pour faire émerger une personne, qui s’estime enclave, unique, qui se pense goutte d’eau indépendante et dissociée. Autrement dit, le premier rôle, important et essentiel, celui qui compte, le seul authentiquement perçu par sa propre conscience.

Or, on ne perçoit que quand on cesse de se raconter sa propre histoire construite sur des causalités supposées par son mental. Chacun a une étoile à suivre mais sa splendeur n’est perceptible que sans la pollution de l’ego. D’autant plus qu’il s’agit de nous considérer symboliquement depuis l’étoile, avec la distance indispensable à la juste perception des choses.

L’ego est une paire de lunettes déformantes, une subjectivité, un filtre d’intérêt personnel conscient ou inconscient qui influe sur la perception, il est le fruit des habitudes construites depuis l’enfance, des conditionnements. L’ego, c’est l’histoire que nous nous racontons le nez collé au récit, c’est un générateur de pensées, de jugements, d’émotions, de paroles et de fantasmes qui cachent la réalité objective, divisent et obstruent le chemin de la Connaissance. Pensées, jugements, émotions, paroles et fantasmes sont des informations produites. En cela elles sont vivantes et ont le potentiel d’entraver.

Âme vs Ego

L’ego, il est possible de s’en détacher, de s’en libérer par une mise en perspective du Moi, par un effeuillage. Ce qui ne revient pas à renier son ADN ou l’unicité de son empreinte digitale. Non, tel l’Alchimiste, il s’agît d’ôter ombre après ombre pour retrouver l’essentiel. C’est une démarche pour mieux avancer sur le chemin de la Connaissance, du Soi, de notre essence, puis de la quintessence. Car la Connaissance n’est pas le but, c’est un moyen pour se recentrer, libéré du Moi (de l’ego), dans le Soi (non personnel, universel). C’est une façon de retrouver son âme. La lettre a pouvant être comprise comme privative de me (a-me), c’est à dire privative du Moi, de l’ego. L’âme étant donc ce qui n’est pas le Moi ou l’ego.

Reprenons notre petite illusion d’optique. L’ego va se concentrer sur la croix que représente le Moi. Alors tout le reste est voilé. Pour éviter cette dérive, il suffit d’avoir une vision plus globale.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est illusion.gif.

Un moyen pour débusquer l’ego ? Quand il touche à la Connaissance, il cherche à briller plutôt qu’à éclairer. Il pousse à l’acrasie (agir à l’encontre de son meilleur jugement). Ce qu’on vérifie dans le traitement infligé à la planète par l’espèce humaine en mode consommateur. >>

Les principales dérives de l’ego – outre la paranoïa et la mégalomanie – se nomment :

  • l’égocentrisme (tendance à se placer au centre de tout, à tout rapporter à soi), qui est un trouble de la perception et du discernement,
  • l’égoïsme (attachement excessif à soi-même qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir, son intérêt personnel, la réalisation de sa volonté),
  • le narcissisme (amour excessif de soi, associant survalorisation de soi et dévalorisation de l’autre), qui est destructif.

« On blâme aisément les défauts des autres, mais on s’en sert rarement à corriger les siens. »

François de La Rochefoucauld