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Il était une fois l’Univers (auquel nous appartenons)

ÉTYMOLOGIE – Lat. universus, tout entier, universum, l’univers, de unus, un, et vertere, tourner : rassemblé, mis en un. [Dictionnaire Littré]

L’immense majorité de l’immense et dynamique Univers demeure invisible à nos yeux et échappe à nos perceptions. Il est composé à 95% de matière noire et d’énergie noire (« noire » parce qu’invisible). Et aujourd’hui la science ne sait pas trop de quoi il est question. Sauf que nous percevons leur présence par leurs effets gravitationnels sur la matière ordinaire (les 5% restants qui sont visibles) ou l’Univers dans son ensemble.

Energie noire / matière noire

Comprendre cette matière et cette énergie omniprésente bien qu’invisibles à nos yeux, c’est comprendre le destin de l’Univers et trouver du sens… en partie la quintessence. Notamment, l’énergie noire qui représente à elle seule 70% du contenu énergétique de l’Univers. Oui, il y a du sens là-dedans et certainement de grands secrets. La matière noire (85% de la masse totale de l’Univers) crée du lien dans l’Univers, sans elle il ne serait que chaos, sans elle l’Univers serait inhabitable. La matière noire traverse et façonne les planètes et les étoiles. Elle est le ciment de l’Univers. La main qui façonne, qui structure les galaxies depuis la nuit des temps.

Big Bang et inflation cosmique

Depuis 1929 et les observations d’Edwin Hubble, on sait que l’Univers est en expansion. On suppose (la question est encore ouverte) qu’il part d’un Big Bang il y a 13.8 milliards d’années. En fait, tout partirait d’un point : « l’atome primitif » qui se lance dans une expansion effrénée sous l’action de l’énergie noire.

Instant zéro ?

La question de l’origine de l’Univers reste ouverte, car si les chercheurs arrivent à « remonter le temps » dans leurs observations à 10-43 seconde après le Big Bang, le t=0 reste inaccessible. Les équations présentent alors une singularité (comme avec tout trou noir), c’est à dire que la température et l’intensité deviennent infinies ! C’est le « mur de Planck », les équations s’effondrent car il faudrait que la théorie de la gravitation s’unisse à la physique quantique (une gravité quantique) pour aller plus près du zéro. La densité, la température deviennent telles… qu’on ne peut plus calculer. Pire, les ébauches jusqu’ici d’unification de la relativité générale et de la physique quantique qui permettraient d’atteindre l’instant zéro… déplacent l’instant zéro.

Et puis penser l’origine de l’Univers… c’est aussi penser l’avant… donc l’absence de l’Univers. Il faut donc penser le néant alors qu’on ne peut pas le penser sans lui accorder un statut qu’il ne peut avoir puisque c’est le néant. Comment l’Univers s’est-il engendré ? Compliqué. Nous sommes à la limite de l’aporie (contradiction insoluble dans un raisonnement). C’est pourquoi on peut préférer parler de « non manifesté » hors du temps et de l’espace plutôt que de néant. Ce qui semble pertinent par ailleurs. Comme l’idée que notre Big Bang serait juste un événement dans un autre Univers et que d’autres naissances aient existé auparavant. On pourrait aussi parler d’un rebond après une contraction. Donc pas de zéro mais un volume minimum (de l’ordre du quantique) au dessous duquel on ne peut pas aller.

Donc s’il y a une origine de l’Univers mais pas d’instant zéro, c’est qu’il y a forcément quelque chose d’autre. Un non-être (qui n’est ni ceci ni cela et pourtant Tout) avant l’être spatio-temporel… ou une autre forme insaisissable. L’instant zéro serait donc une transition, un rebond, une semence, ou une transcendance. Ou tout aussi possiblement il n’y a ni début, ni fin. En effet, la notion de flux de temps est plus que discutable… puisque à l’échelle humaine, en 4D (nous y reviendrons).

Des univers ?

Et puis… qui nous dit qu’il n’y a qu’un seul Univers ? Je vous renvoie vers la théorie des multivers qui pourrait expliquer aussi l’existence des trous noirs. Ou à votre intuition. Ou encore à des sagesses ancestrales qui évoquaient (à des périodes où l’on ne connaissait même pas la notion de galaxie) des milliards d’univers liés par paires dans Un grand Tout (il y aurait au moins 100500 univers possibles d’après les équations de la théorie des supercordes).

Ce qui voudrait aussi dire que notre Univers a un jumeau – comme le positron est l’antiparticule de l’électron – au sein d’une gigantesque masse d’univers. Beaucoup de questions restent donc ouvertes. Et le Big Bang pourrait représenter les limites actuelles de la construction théorique. Zéro à la puissance zéro (noté 00) est une expression mathématique qui n’a pas de valeur évidente. Mais il est généralement convenu que la réponse est 00 = 1. Une égalité mathématique vertigineuse qui pourrait expliquer pas mal de choses sur la grande subtilité du non manifesté.

L’expansion d’un atome primitif

C’est donc à partir de 10-43 seconde après le Big Bang que la science constate le début de l’expansion accélérée de notre Univers à partir d’un unique et minuscule point: on l’appelle « l’inflation cosmique. » Depuis 1998, on sait que cette expansion est de plus en plus rapideTout part donc d’un petit point qui reste un objet et qui n’est pas une enveloppe.

Ceci est fondamental ! Toute l’histoire manifestée se construit à partir d’un petit point, un atome primitif (répondant aux principes de la mécanique quantique), qui reste un objet (plein) et qui n’est pas une enveloppe (avec du vide), pas un conteneur. Notre Univers est un objet, une entité cosmique, des champs les uns dans les autres agités par des vagues, et pas une enveloppe, pas un conteneur : nous ne sommes pas DANS un Univers, nous faisons PARTIE de notre Univers. Et il est quantique par nature. Et jamais vide puisqu’il n’y a jamais Rien. Par conséquent, si l’Univers nous demandait « Qui es-tu ? », la seule réponse logique à donner serait : « Toi-même » puisque nous sommes un même objet, une même entité.

Ajoutez à cela que l’Univers – que nous constatons – est homogène (de même nature, uniforme) et isotrope (qui présente les mêmes propriétés dans toutes les directions), et bien le cocktail est relevé ! Car cela veut dire qu’ici chaque chose (donc chacun d’entre nous pour revenir à des considérations humaines) est liée, interconnectée, possède intrinsèquement les mêmes informations fondamentales, est mue par la même énergie vitale, est un même objet. A savoir pour beaucoup la fameuse énergie noire qui permet l’expansion de l’Univers et qui le rend habitable avec la matière noire malgré le chaos ambiant.

Rappelez-vous, l’expansion accélérée de notre Univers est provoquée par l’énergie noire via une gravité répulsive. Mais on ne sait pas ce qu’est cette énergie noire, invisible. Si ce n’est un vide qui ne l’est pas énergétiquement. Elle est partout dans l’espace et ne se dilue pas malgré l’expansion.

« Elle est présente entre les galaxies comme elle est présente dans cette pièce. Nous pensons que dans tout lieu, où il a du « vide », il y a inévitablement un peu de cette énergie noire » , expliquait Adam Riess, astrophysicien et cosmologiste qui fait partie de ceux qui ont mis en évidence en 1998 le phénomène d’accélération de l’expansion de l’Univers.

Plan algorithmique de l’Univers / Cellule humaine / Structure de la Terre

Analogie

L’astrophysicien français David Elbaz établit une analogie intéressante. Un arbre comme le chêne est composé des mêmes proportions que l’Univers. L’énergie noire correspond au tronc (70% du poids du chêne), la matière noire aux branches (25% du poids), la matière ordinaire aux feuilles, c’est à dire les 5% restants. En tant qu’être humain nous ne voyons et connaissons que les (couvrantes) feuilles du chêne Univers… la matière ordinaire. C’est bien peu. Si on détache une feuille de l’arbre, elle meurt. De la même manière, si on détache la matière ordinaire de la matière noire, elle meurt. Si on prend deux feuilles séparées d’une certaine distance, lorsque la branche grandit, ces deux feuilles s’éloignent. Si on prend une feuille deux fois plus loin, avec la croissance de la branche, elle s’éloigne deux fois plus vite parce que chaque morceau de branche grandit d’une même entité. Et si vous prenez le tronc, il pousse le tout à s’agrandir plus vite, cela… telle l’énergie noire. « Donc l’arbre suit la règle de Hubble. Il suffisait de prendre un arbre comme le chêne pour tout comprendre sur l’Univers ! » constate le scientifique du CEA.

Voie lactée – Source : University of Wisconsin–Madison

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, assurait il y a bien longtemps Hermès Trismégiste (ou son mythe). Et comme toutes les choses sont sorties d’une, à travers la pensée de l’Unique, de même toutes choses sont nées de cette chose unique, par adaptation. » Intéressante concordance. Et ce n’est que le début…

Mais, faisons une mise au point : dans notre approche l’Homme n’est pas central dans l’Univers et encore moins une finalité. Il n’est ni auteur ni chef d’orchestre. Il est une forme d’existence endogène au sein d’un ou plusieurs Univers avec une forme de conscience inaboutie.

Quelle est notre adresse ?

La NASA a comptabilisé 300 millions d’exoplanètes potentiellement habitables rien que dans la Voie lactée (aux centaines de milliards d’étoiles comme le soleil). La Terre n’est pas une exception. Copernic l’avait compris et expliqué. Elle est une toute petite minuscule chose. Nous habitons la Terre, dans le système solaire, lui-même dans la galaxie de la Voie Lactée, qui avec quelques dizaines de galaxies forment le « groupe local », lui même dans un énorme rassemblement de galaxies, un superamas nommé Laniakea parmi d’autres superamas. Et un millionième (seulement) du volume de l’Univers a été cartographié (dynamiquement). Une localisation relative. Alors sachons considérer ce que pèse l’humanité de la planète Terre… Pas même un grain de sable. Remettons l’Humain à sa juste place. Un point c’est tout.

Laniakea
Laniakea

L’anthropocentrisme est surtout l’expression de l’orgueil d’une espèce dotée d’ego et qui justifie ainsi le fait de tout accaparer en meute aux dépens des co-habitants de la planète. Sans y trouver paix, joie ou bonheur par ailleurs. Mais être minuscule n’empêche pas l’accès au plan neutre/ordre implicite/inconscient collectif. Involution et évolution restent de l’ordre du possible pour chacun ou chaque chose.

Nous sommes des poussières d’étoiles

Dans l’Univers, tout est relié, les trous noirs, les champs magnétiques, tout. Par ailleurs, l’astrophysicienne Aurora Simionescu a révélé tout récemment qu’il y avait du soufre, du magnésium, du silicium et du fer partout dans l’Univers. Partout. Y compris ici et dans nos organismes. Une découverte capitale. Les ingrédients de la vie sont présents dans l’Univers entier. L’explication, les trous noirs supermassifs, très actifs après le Big Bang, il y a dix à douze milliards d’années, et les Supernovas (implosions d’étoiles en fin de vie). Ensemble (explosion et projection), ils ont propulsé des particules dans tous l’Univers. « On peut dire que les Supernovas sont nos mères et que les trous noirs sont nos pères », commente l’astrophysicienne du SRON, au Pays-Bas. 

Nous sommes des poussières d’étoiles. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas… Symboliquement en tout cas, puisqu’il n’y a pas de haut et de bas.

Toile cosmique

Relevons également l’existence d’une « toile cosmique » (tel un réseau de galaxies avec des échelles inimaginables pour l’humain) composée de filaments de matière noire (et d’anti-filaments), qui valide l’idée d’un gigantesque Tout connecté, intriqué. Les galaxies se fixant en général sur ces filaments toujours plus importants par fusion, et qui sont comme une structure fractale (la même propriété à toutes les échelles).

Nicolas Camille Flammarion

Au passage, il est amusant de constater que dans les considérations générales – comme dans les représentations artistiques – l’Univers est synonyme d’étoiles, de calme, de vide, de paix, alors que l’agitation tend à y régner… L’Univers s’oppose à ce que nous percevons spontanément avec nos sens de Sapiens. Le vide que nous croyons voir est dense, saturé, ultra plein de matière et d’antimatière. Aussi agité que des réseaux de spin.

95% d’inconnu

Quoi qu’il en soit, on peut affirmer qu’après les deux révolutions du XXe siècle (relativité générale et mécanique quantique), il manque un concept universel à la cosmologie qui permette une articulation, une théorie homogène, une juste perception de notre Univers composé à 95% de matière noire et d’énergie noire, donc 95% d’inconnu.

Toutefois, cinq pourcents suffisent à s’élancer sur la voie de la Connaissance. Un long chemin commence par un premier pas. Des surprises sont à venir dans notre perception globale aux interactions invisibles mais réelles, hors des notions dissociées d’espace et de temps. Aujourd’hui des physiciens et des mathématiciens évaluent à onze le nombre de dimensions (théorie des supercordes/théorie M) à l’échelle universelle. De quoi surprendre le commun des mortels pour qui scolairement il n’existe que quatre dimensions, trois spatiales et une temporelle. C’est à dire celles qu’il peut percevoir.

Onze dimensions

Et pourtant l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a découvert que le cerveau humain était rempli de structures géométriques complexes pouvant comporter jusqu’à 11 dimensions. Macro comme micro : 11 dimensions (de 0 à 10). L’homme à l’image du Cosmos. 11 dimensions : 4+7. Ou plutôt 7+4 car les sept dimensions qui nous échappent dans la vie courante seraient plus fondamentales que les quatre perceptibles usuellement par nos sens. Il est probable que le réel dépasse scientifiquement tout ce que nous pouvons imaginer. Nous sommes comme un bout de bois dans un océan d’ignorance, ballotté par les flots, incapable de situer. Et pourtant l’humain a tendance à exister comme s’il était au centre de l’Univers alors qu’il devrait peut-être se demander si l’Univers n’est pas au centre de l’humain.

« Un être humain est une partie du tout que nous appelons « Univers »… une partie limitée dans le temps et dans l’espace. Il fait l’expérience de lui-même, de ses pensées et de ses sentiments comme séparés du reste – une sorte d’illusion de sa conscience. Cette illusion est comme une prison pour nous, nous limitant à nos désirs personnels et à n’avoir de l’affection que pour les quelques personnes qui nous sont les plus proches. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion afin d’embrasser toutes les créatures vivantes, la totalité de la nature et sa beauté. »

Albert Einstein