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« Cogito sic est » plutôt que « Cogito ergo sum »

Si je pense, si j'ai une conscience, c'est en premier lieu parce que le Cosmos, un grand Tout existe...

« Cogito sic est » plutôt que « Cogito ergo sum », c’est à dire : « Je pense donc il est » plutôt que « Je pense donc je suis ».

Pour faire simple, l’ego est structurant dans une première phase de vie car il permet de s’animer dans une auto-narration. Il permet de se mettre en marche, en action. C’est déjà ça… Et puis faire l’expérience de l’ego permet de l’éprouver et de comprendre son mode d’emploi. N’oublions pas que l’anti-venin se crée à partir du venin lui-même.

Le temps venu, il s’agît donc d’ouvrir les yeux, de prendre conscience de l’influence de l’ego, et de le lâcher (comme une fusée à étages qui s’élevant se déleste), de s’en détacher pour progresser et avancer. Cela par une mise en perspective du Moi (sortir de l’histoire qu’on raconte et se raconte pour passer à une histoire objective), cela par une prise de conscience d’un Tout qui existe même au niveau atomique, cela par une quête d’essentiel, cela par une prise de hauteur qui permet de saisir l’unicité dans la multiplicité, et la diversité. Une nouvelle perspective qui permet de retrouver de l’humilité.

De la réalité au réel

Se défaire de l’ego c’est goûter à la liberté intérieure, à la paix. C’est tomber le masque, démonter les croyances limitantes et les dysfonctionnements chroniques, se défaire des pensées et émotions immatures qui font barrage, oublier les normes, ne plus croire aux mirages, cesser de soumettre les autres à sa volonté personnelle et réciproquement, cesser les caprices, et arrêter d’imposer son scénario. C’est comme mettre fin à une phase active de sommeil, c’est à dire quitter une illusion que nous avons construite. Le réveil comme éveil. Quitter l’enfance. Une quête propre à l’adulte véritablement adulte.

Adulte

Avec des yeux d’adulte ouverts, il est possible de passer d’une réalité au réel. Cela induit de tout accepter sans jamais rien qualifier. Les choses sont ce qu’elles sont. Et il est impossible d’en être le juge, tout simplement par incapacité. L’opinion ne fait pas la vérité. Comme les contrariétés et épreuves du moment ne doivent pas générer des ennemis mais des enseignements, de l’expérience.

« Le pessimiste se plaint du vent, l’optimiste espère qu’il va changer, le réaliste ajuste ses voiles. »

William Arthur Ward

Citons Matthieu Ricard, moine bouddhiste interprète du Dalaï-lama : « Si l’on vit avec le sentiment exacerbé de l’importance de soi, si l’on se représente l’ensemble de nos rapports aux autres et au monde en fonction de notre ego, on instrumentalise les êtres. […] L’univers apparaît comme une sorte de catalogue où l’on pourrait commander tout ce que l’on souhaite. […] On finit par être obsédé par le moindre plaisir et déplaisir. » Bref, on vit en consommateur ultime. En petit roi à qui tout est dû et qui revendique le trône. Ou comme un enfant. Mais pas comme un adulte éveillé…

Réseaux sociaux

Nouvelle petite parenthèse. Des réseaux sociaux, comme Instagram, représentent un terrain de jeu mais et potentiellement de « je ». Stratégiquement, il s’agît d’une industrie de divertissement, de communication, mais aussi de culture de l’égocentrisme, de l’égoïsme et du narcissisme (grandiose) avec des shoots de likes. D’ailleurs les « selfies » y foisonnent. Et le mot français pour « selfie », c’est pertinemment… « egoportrait ».

Ce genre d’outil digital marqueur identitaire peut devenir un moyen de faire la promotion de soi. Générateur de statut social virtuel, il peut enfermer. De la même manière troller – y compris anonymement – est un acte de dévalorisation de l’autre cher aux narcissiques. Bref, l’ego risque d’être revigoré par certaines pratiques digitales qui dopent l’auto-narration proposée à autrui. L’ego est toujours tiraillé entre son désir d’être singulier, important, et celui d’appartenir au groupe. La story c’est la mise en ligne de son roman dans un amas de récits.

Les réseaux sociaux peuvent figer l’ego et nourrir le petit mental alimenté d’illusoires petits soucis, de conflits insignifiants, et/ou de dépréciations en tous genres signées par de virtuels histrions de la comédie humaine. Enfin, ils peuvent enchaîner. Pour preuve, le syndrome FOMO (« Fear of missing out », soit la « peur de manquer quelque chose » en anglais) qui traduit la peur de rater la dernière information, polémique, blague ou tendance sur les réseaux sociaux. Et donc d’être à la traine dans la veille digitale. >>